Critiques de films, Drame, Romance

Fast review : Ma première fois – Ici-bas

A l’affiche des fast review cette semaine, beaucoup d’amour : de la romance sauce fleur bleue et une histoire impossible pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

Ma première fois, de Marie-Castille Mention-Schaar

 

Zachary (toute ressemblance à un Zac Efron n’est que purement fortuite) a 20 ans. Sombre et indépendant, il collectionne les conquêtes amoureuses et les échecs scolaires. Sarah a 18 ans. Première de la classe, fragile, elle comble ses manques affectifs grâce à une maîtrise parfaite de sa vie. Rien ne devrait les rapprocher et pourtant, l’année du bac, durant six mois, ils vont vivre un amour contre lequel on ne peut rien, le vrai, le grand, celui qui marque une vie pour toujours.

En mélo à contre-courant, Ma première fois présentait l’avantage d’avoir une certaine attirance. Une petite romance tendre, traversant des thématiques et sentiments très actuels, un brin inspiré d’une vie. Dernier point respecté, la réalisatrice (scénariste de La Première Etoile) signe une quasi-autobiographie, avec le côté dramatique en prime. Dès les premières minutes, ce premier long-métrage s’installe dans une flopée de défauts et de clichés exacerbés pour ne jamais en sortir. On est entre le teen-movie à l’américaine ultra-sérieux, et la romance à l’eau de rose. Sauf que si certaines scènes ou réparties prêtent à sourire, il s’avère que notre rire devient de plus en plus nerveux (ou jaune). Ne comptez pas y voir un brin de cinéma, tout est surligné et surjoué. Pas de relief pour les personnages (tellement téléphonés et prévisibles) et aucune finesse dans le traitement narratif, pas de subtilité non plus dans l’évocation des sentiments par exemple, ou dans la manière de filmer. Chaque scène est un cliché à lui tout seul, et la pauvreté de l’histoire ne laisse aucune place à l’interprétation. Les acteurs sont tous amateurs (sauf Vincent Perez dont on n’arrive toujours pas à expliquer la présence) et leurs façons de jouer les maux adolescents aujourd’hui (dans une perfection physique et intellectuelle qui laisse perplexe) est tout sauf crédibles. L’impression d’assister à un très long épisode d’Hélène et les garçons à grand renfort de mièvreries finit par agacer. Rien n’est à sauver du film, si ce n’est qu’on se rend compte à la fin –avec l’arrivée du drame, forcément- qu’il y avait un côté sincère à exploiter. Mais à force de tomber dans la surenchère et les dialogues à l’eau de rose, on finit par se faire prendre à son propre piège. Ma première fois en est un, une grosse arnaque, qui fait autant rire qu’elle ne déçoit.
L’avis : un teen-movie romantique à la française sans aucun intérêt, plus risible que crédible et d’une pauvreté actuellement sans égale.

 

Extrait du film Ma première fois (2012)
Extrait du film Ma première fois (2012)

 

Ici-bas, de Jean-Pierre Denis

 

 

Fin 1943 sous l’occupation, Sœur Luce, une religieuse à la dévotion et au dévouement exemplaires, est infirmière à l’hôpital de Périgueux. La rencontre d’un aumônier, Martial, passé dans les rangs du maquis et à la foi profondément ébranlée, bouleverse son existence. De l’amour du Christ à celui d’un homme, Sœur Luce vit une passion pour laquelle elle finit par quitter le couvent et ses sœurs. Mais elle se heurte vite au mur de la réalité et des passions. Trahie, Sœur Luce se sent abandonnée des hommes et de Dieu… Un matin, à la Poste centrale, des employés membres d’un réseau de la Résistance interceptent un courrier anonyme à l’adresse de la Kommandantur…

A l’inverse de notre premier film, Ici-bas est une rupture totale. L’histoire est beaucoup plus complexe, présentant des enjeux divers et des sentiments et personnages plus tiraillés. C’est déjà ça de gagné. Au réalisateur de réussir à nous captiver et à enrober son beau chocolat dramatico-romantique d’une belle enveloppe visuelle. Ici-bas peine à accrocher le spectateur dans la première heure. On en retient surtout la prestation de la talentueuse et ténébreuse Céline Sallette (L’Apollonide, Avant l’aube) assurément l’une des futures grandes actrices de sa génération. Elle domine, survole son sujet, tout en sobriété et chaque apparition à l’écran peut soulever une petite intrigue. Les thématiques et l’histoire se verront plus pertinentes dans la dernière demi-heure. La trahison devient alors le trait commun d’une histoire d’amour, d’une guerre, et d’une religion. Ou comment les trois arrivent à se lier entre deux personnages, tiraillés. Une perte en stabilité qui s’explique par le contexte (la guerre), la remise en question de croyance, et un amour déchu (chose que l’on sait dès le départ). Reste une mise en scène un peu figée, trop sobre sûrement, qui empêche toute viscéralité.
L’avis : Sauvé par son final, Ici-bas intéresse surtout pour une nouvelle belle prestation de la jeune Céline Sallette, religieusement efficace.

 

Extrait du film Ici-bas (2012)
Extrait du film Ici-bas (2012)