Critiques de films, Epouvante-horreur, Thriller

La séance mauvais genre : Blood Creek, de Joel Schumacher (2008)

Lorsque le réalisateur de Batman Forever et Tigerland, capable du pire comme du « meilleur », croise le fer avec un survivant nazi, cela donne Blood Creek, un film à l’esthétique léchée doté d’un casting intéressant mais qui peine à accrocher sur la longueur.

 

 

 

En 1936, le Troisième Reich envoie à Town Creek, aux États-Unis, l’expert Richard Wirth à la tête du grand projet de recherche en occultisme d’Hitler.
Plus de 70 ans après, Evan Marshall est à la recherche de son frère aîné Victor qui a disparu dans la région. Victor réapparaît la nuit suivante et, sans aucune explication, prend les armes pour traquer ses ravisseurs. Evan découvre alors que les nazis sont toujours présents à Town Creek…

 

 

On est encore très loin d’Iron Sky, le prochain film de Timo Vuorensola qui met en vedette des nazis revenant sur Terre pour former le quatrième Reich, mais il y a déjà de l’idée. Loin des effets spéciaux du dit Iron Sky, Joel Schumacher a glissé dans son Blood Creek une esthétique glaciale et travaillée, à défaut d’avoir le film d’horreur qui vous prend aux tripes. Après l’échec du Numéro 23, le réalisateur de Batman Forever a fait un détour par le DTV, s’offrant tout de même un casting très alléchant : Henry Cavill (la belle gueule des Tudors) en est le héros principal, accompagné par le musclé Dominic Purcell (Prison Break) et Emma Booth. Côté bad guy, on retrouve avec un Michael Fassbender méconnaissable (sauf dans la scène d’intro qui se situe dans le passé). Ce dernier, révélé au grand public avec X-Men et Shame, incarne un scientifique allemand, nazi en l’occurrence, féru d’occultisme et convaincu que son travail servira un jour. Ce qui est le cas… puisque 70 plus tard, deux frères découvrent que le fameux scientifique est toujours présent, prêt à la boucherie.

 

Souffrant de quelques illogismes, d’une action lente à se mettre en route, Blood Creek est surtout très convaincant pour l’ambiance mise en place, preuve d’une réelle maîtrise dans la mise en scène. C’est sombre, glauque et surtout très glacial. Peu de place aux couleurs vives, la préférence faite à une esthétique feutrée et travaillée. On soigne donc nos yeux, à défaut d’en donner à notre palpitant qui sera à peine servi dans les quelques dernières minutes du film, plus convaincantes grâce un rythme soutenu et une histoire qui retrouve de la logique. En simplifiant son propos, Blood Creek aurait probablement gagné à convaincre le spectateur dès le départ. Passé une scène d’introduction sublime, Blood Creek va souffrir d’une demi-heure mollassonne où l’action ne captive jamais et où l’attache aux personnages ne se fait que très difficilement. Blood Creek manque de punch, de fougue et de sang (accessoirement), préférant son enveloppe froide et intrigante.

 

LA NOTE DU SAMEDI SOIR : 10/20

 

Disponible en DVD depuis le 1er avril

Distribué par la Metropolitan Filmexport

Plus de film sur Cinetrafic dans la catégorie Film d’horreur