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La séance mauvais genre : It’s Alive, de Josef Rusnak (2008)

Remake du film de Larry Cohen, Le monstre est vivant (It’s alive – 1974), la version 2008 de Josef Rusnak souffre de nombreux défauts, entre scénario incohérent, esthétique sans surprise et acteurs fantomatiques.

 

 

 

 

Une jeune Américaine accouche d’un bébé monstrueux et meurtrier qui, dès qu’il ouvre un oeil, assassine médecin et infirmières…

 

 

Manque d’inspiration. Plus de trente ans après l’original de Larry Cohen, l’industrie du remake par manque de créativité et de nouveauté s’empare d’un nouveau film d’horreur laissé aux oubliettes. L’argument de poids : le faire renaître et par la même occasion le faire découvrir à une nouvelle génération avec des moyens auxquels ils s’identifient.

 

Le pitch de départ de ce It’s Alive a donc de quoi attirer l’oeil hagard. Un bébé serial killer qui tue dès qu’on croise son regard, il y avait peut-être matière à faire de l’épouvante et de l’horreur dans une tension gore intéressante. C’était sans compte l’absence du bon film d’horreur de base. Il y a un synopsis mais le scénario ne suit pas. Dès qu’on rentre dans les détails, It’s Alive s’embourbe dans les illogismes et nous sert un complexe d’œdipe réécrit mais avec aucun intérêt viable. L’action n’est jamais convaincante, aucune sursaut intéressant s’il n’est pas déjà téléphoné depuis au moins cinq minutes. Ce bébé si terrifiant ne sera que très peu visible. Par manque de moyen, autant jouer sur la tension, le non-dit et l’absence physique du monstrueux bébé. Cela implique donc des idées de mise en scène pour ne pas déclencher un violent fou rire lorsque le fameux bébé apparaîtra enfin. Voir les doigts du nourrisson, des plans de dos, jouer sur les bruitages animales du monstre… Autant de procédés qui ici ne serviront pas le film. Utilisés jusqu’à pousser à la surenchère, les ingrédients typiques du genre n’ont aucune réelle utilité à partir du moment où la caméra n’a absolument rien à raconter, recycle des plans déjà vu mille fois (la femme sur un fauteuil à bascule dans la pénombre par exemple). Il n’y a là-dedans que la thématique de la mère tourmentée qui fonctionne légèrement, comme si son petit Daniel exerçait sur elle une attraction malsaine dont elle ne peut s’affranchir.

 

It’s alive se termine sur un final qui accumule les incohérences. Après avoir servi des flashbacks et effets de style dégueulasses, une fin quasi ubuesque arrive à livrer de l’hémoglobine en pâture (ah enfin!) mais sans réelle consistance. Une simple raison à cela : lorsqu’on a enquillé les erreurs, on n’arrive tout simplement pas à remonter une pente trop glissante qui fait irrémédiablement retomber d’où on est venu.

 

LA NOTE DU SAMEDI SOIR : 4/20

 


It’s alive – Bande annonce française par Avenue-de-l-horreur

 

DVD actuellement en vente et distribué par la Metropolitan Filmexport

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