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Muse – chronique d’un teaser décrié

Comme sur Cinephilia on ne parle pas que de cinéma et que votre humble serviteur s’avère être un inconditionnel fan de Muse – je vois venir les unfollow, unlike etc. – vous allez en bouffer avec la sortie d’un sixième album à l’horizon. Et on commencera par décrypter ce fameux teaser qui a fait couler beaucoup d’encre.

 

 

 

 

Muse, c’est ce trio originaire du Devon capable de passer de ça :

 

 

À ça :

 

 

… Tout en gardant l’appellation rock. À ceux qui ont vu là-dedans une quelconque critique, vous faites fausse route. Si Muse fait autant de jaser, c’est parce que le groupe a su évoluer avec son temps et réinventer leurs sons rock. Des teintes pop, des riffs travaillés, des symphonies naissantes, du lyrisme sur fond d’apocalypse, Muse est un peu tout ça à la fois. Leur force : ne jamais faire constamment la même chose. Là où d’autres groupes britanniques peinent à remplir les grosses salles et à dépasser la Manche, Muse est devenu en un plus de dix ans un incontournable de la scène rock. Alors pourquoi tant de bruit alors que vient de sortir il y a peu le teaser du prochain album, le sixième du nom.

 

Oui mais voilà. Ce teaser, qui dit tout et même temps rien sur ce futur album, est loin d’avoir fait l’unanimité. Certains comme moi regardent d’un œil curieux cet étrange mélange entre une symphonie dantesque sur fond de fin du monde et une partition électro-rock qu’on appellerait plus communément dubstep. Une appellation sauvage et voici Muse assimilé vulgairement à Skrillex. Une insulte. Car le dubstep, phénomène musical underground qui naquit au début du siècle dans le sud de Londres, n’a rien à voir avec la mode d’aujourd’hui. C’est ce revirement musical que d’autres voient d’un mauvais œil, criant sur les toits avoir perdu le Muse des années 2000. Argument facile, ressassé à toutes les sauces. Pourtant ce teaser n’a rien d’anodin. Il désigne une forme de continuité et d’expérimentation dans la carrière du groupe. Et c’est peut-être ce qui fera l’objet de la prochaine galette.

 

 

La continuité c’est cette symphonie qui ouvre le teaser et va en occuper les deux tiers. Matt Bellamy n’a jamais caché son attirance pour la musique classique dont il puise de nombreuses inspirations et références. Déjà dans Megalomania accompagné d’un orgue, ensuite dans la sublime Blackout ou encore plus récemment dans United States of Eurasia et surtout Exogenesis, une petite symphonie en trois parties. Malheureusement, jamais ces envolées musicales vibrantes n’avaient été transcendées sur scène avec un orchestre. Probablement quelque chose à exploiter pour le groupe sur certaines dates de la prochaine tournée, ce qui expliquerait les prix quasi exorbitants dans les plus grandes salles.

 

 

Que les soit-disants fans lisent bien ses lignes, ou du moins ceux qui déjà crachent sur la formation britannique. Un morceau anodin et peu connu, au titre prophétique et sobrement intitulé Futurism, annonçait déjà le revirement musical voulu par Muse. Prêtez une oreille aux riffs de ce morceau, et vous comprendrez que ce dubstep a déjà été expérimenté par le passé, sous d’autres formes. Cet argument en appelle surtout un autre. Le frontman du groupe, Matthew Bellamy, est un grand amateur de distorsions électriques. Même les précédents titres l’indiquaient. Les multiples et sublimes guitares Manson sont également là pour le confirmer. Et c’est sur scène que le leader mégalomane du groupe faisait l’unanimité et démontrait à la face du monde le pouvoir atmosphérique de ses distorsions.

 

 

Cette fin de teaser tant décriée peut aussi signifier le retour de Muse à une forme de son rock brut plus travaillé, et effectivement intimement lié à l’électronica. Il suffit d’écouter des titres comme Uno ou des plus fameux comme Plug in Baby et Stockholm Syndrome pour s’en convaincre. Il y a bien un son Muse dans ce teaser, c’est indéniable. Et c’en est même alléchant. Reste à voir sous quelle forme il va réellement nous sauter aux oreilles.

 

Le public pourra juger par lui-même de ce revirement musical sur scène lors de trois concerts d’ors et déjà sold-out (Paris, Montpellier et Nantes) en octobre. En attendant, le nouvel opus intitulé The 2nd Law sortira le 17 septembre prochain. Et probablement un premier titre d’ici le mois d’août !