On reeeeefait la carrière de

On reeeeefait la carrière de : Jessica Chastain

En à peine deux ans, Jessica Chastain est devenue la coqueluche d’Hollywood courtisée et honorée. Qui est cette boulimique de travail ayant réussi à mettre la critique et le public à ses pieds ?

 

 

Jolene (2010)

 

Jolene
Jessica Chastain dans Jolene

 

Eduquée dans une famille de classe moyenne, première de cinq enfants, proche de sa mère au point d’en hériter son amour pour le véganisme (le refus de l’exploitation et de la cruauté envers les animaux), Jessica Chastain mettra de longues années avant de percer. Rejeton de l’école dramatique Julliard, la jolie rouquine multiplie les apparitions sur le petit écran (Dark Shadows, New York cour de justice) avant de se voir offrir un premier rôle au cinéma qui propulsera, ni vu ni connu, l’actrice vers le cinéma indépendant et ce qui s’y fait de mieux. Dans le road-movie Jolene, tirée d’une chanson éponyme de Dolly Parton, elle donne la réplique à Dermot Mulroney et Denise Richards. Sa performance lui vaut même une récompense au Festival de Seattle et une porte d’entrée grande ouverte vers le cinéma indépendant.

 

 

Take Shelter (2011)

 

Take Shelter
Jessica Chastain dans Take Shelter

 

Si le film de Jeff Nichols mettra un an avant de séduire le public français après sa découverte à Sundance, c’est bien par ce film que la carrière internationale de Jessica Chastain débute. Michael Shannon y est la vraie attraction pendant qu’elle s’évertue à jour les mère et femme modèle. Une performance tendre et touchante dans laquelle l’actrice prouve sa capacité à répondre aux moments d’envolées et de folie de son compagnon. Take Shelter figurera alors dans de nombreux classements des meilleurs films (dont celui de Cinephilia), Jessica Chastain séduira même la critique de New York (elle y glane sa première récompense majeure).

 

 

The Tree of Life (2011)

 

The Tree of Life
Jessica Chastain dans The Tree of Life

 

On ne la connaît pas encore et sa fraîcheur va enivrer la Croisette. Face à Brad Pitt et sous la direction du trop rare Terrence Malick, Jessica Chastain reprend le costume de mère de famille, housewife par excellence, et touche une nouvelle fois. Si la Palme d’Or glanée lors du festival n’est pas à relier à sa performance, sa carrière décolle au point de voir naître des premiers cercles de fans et admirateurs de celle qui devient alors la plus belle rouquine d’Hollywood.

 

 

L’Affaire Rachel Singer (2011)

 

L’Affaire Rachel Singer
Jessica Chastain dans L’Affaire Rachel Singer

 

 

Changement de registre total pour Jessica Chastain, dont la sensibilité va être mise à mal dans un film néo-historique d’espionnage. Aux côtés de Sam Worthington ou encore Helen Mirren, Jessica Chastain engrange de l’expérience et séduit par ce personnage entretenant un désir de vengeance et une humanité sans frontière. Pendant que le film passe inaperçu aux yeux de la critique (et c’est très compréhensible), personne n’a à redire sur la performance de l’actrice. C’est ce qu’on appelle la cohérence et la régularité, deux qualités dont semble doté Jessica Chastain.

 

 

La Couleur des Sentiments (2011)

 

La Couleur des Sentiments
Jessica Chastain dans La Couleur des Sentiments

 

L’adaptation du best-seller de Kathryn Stockett coïncide avec le premier grand succès au box-office de la délicieuse rouquine, qui campe ici une extravertie bourgeoise dont les idées vont être bousculées par sa femme de maison. Une prestation, qui cette fois-ci, n’a rien de discrète. Chastain tape à l’œil et le public le lui rend bien. Outre le succès commercial, Jessica Chastain entre dans les hautes sphères d’Hollywood et glane des nominations aux Golden Globes et BAFTA. La machine est lancée, plus rien ne peut l’arrêter.

 

 

Des hommes sans loi (2012)

 

Des hommes sans loi
Jessica Chastain dans Des hommes sans loi

 

Un an après la Palme d’or décernée à Terrence Malick, Jessica Chastain est de retour sur la Croisette. Elle fait même coup double, puisque Madagascar 3 y est projeté. En salles, le public a pu la revoir dans un thriller électrique où elle retrouve Sam Worthington, Killing Fields. Pour Lawless, devenu Des hommes sans loi, Jessica Chastain va être le souffle féminin salvateur dans un casting très masculin. Malgré la violence inhérente au film, elle témoigne d’une sensibilité alliée à une dureté étonnante. Jessica Chastain a pris de l’assurance, au point d’apparaître nue à l’écran, elle, l’actrice si discrète et réservée dont on ne sait pas un traître mot de sa vie privée. Tom Hardy s’en souvient probablement encore.

 

 

Zero Dark Thirty (2013)

 

Extrait du film Zero Dark Thirty (2013)
Jessica Chastain dans Zero Dark Thirty

 

L’apothéose ou presque. A 35 ans, un an et demi après sa révélation au monde entier, Jessica Chastain est nommée à l’Oscar de la meilleure actrice pour Zero Dark Thirty, dernier film de Kathryn Bigelow, celle qui fût la première femme à soulever l’Oscar du meilleur réalisateur, trois ans plus tôt. Le symbole est fort. Son rôle aussi, car pour 0 Dark 30, la pétillante rousse se retrouve dans l’enfer d’une traque qu’elle décide de mener envers et contre tous, afin d’éliminer le terroriste le plus recherché au monde, Oussama Ben Laden. Un rôle majeur, puisqu’outre le fait d’être une nouvelle fois l’un des rares éléments féminins dans une distribution massivement masculine, elle livre une prestation complexe, souffre à l’écran autant que son personnage. Derrière la performance plus que la prestation, Jessica Chastain rend hommage à ses femmes de l’ombre avec une modestie qui vous défrise. Si d’ici-là, elle n’arrache pas la précieuse statuette, c’est à ne plus rien y comprendre…