On reeeeefait la carrière de

On reeeeefait la carrière de Steven Spielberg

Steven Spielberg sort son deuxième film de l’année 2018 avec Ready Player One. Retour sur le réalisateur et sa grande carrière

Duel (1971)

Duel est le premier film réalisé par Spielberg. C’est même un téléfilm en fait. Le mot est plutôt péjoratif de nos jours et à partir de ce postulat là, on ne peut qu’être d’accord quand on voit la qualité de ce film. Des bons premiers films, il y en a. Pas beaucoup mais il y en a. Des très bons, il y en a beaucoup moins. Spielberg marquait donc les esprits dès le début. Cette histoire de conducteur poursuivi à pleine vitesse par un camionneur non identifié montrait dès le début tout le talent du jeune réalisateur.

Les Dents De La Mer (1975)

Mi Fa. Mi Fa. Mi Fa. Ces 2 notes résonnent encore dans les oreilles de beaucoup de monde. Et elles ont probablement contribué à la peur des requins chez beaucoup de personnes également.  Ce film, considéré comme un des premier blockbusters a marqué les esprits à cause de plusieurs aspects. Tout d’abord, à cause de cette manière de faire peur sans jamais voir le requin. Cela est du à des problèmes techniques avec la maquette du requin durant le tournage mais, au final, cela fonctionne très bien. Ensuite, Spielberg va travailler avec un trio d’acteurs: Roy Scheider, Robert Shaw et Robert Dreyfuss, que Spielberg retrouvera encore 2 fois plus tard sur Rencontres Du Troisième Type et Always. Roy Scheider aura cette réplique cultissime: « we’re gonna need a bigger boat ». Enfin, après Duel et maintenant Les Dents De La Mer, Spielberg montrait déjà que son talent était vaste et il plaçait d’ores et déjà la barre haute.

Rencontres Du Troisième Type (1977)

Fin 1968 sortait un film qui allait marquer le monde du cinéma : 2001 L’Odyssée de l’Espace, réalisé par Stanley Kubrick. En 1977, sont sortis 2 autres films importants : Star Wars de Georges Lucas et Rencontres Du Troisième Type de Steven Spielberg. Ces 3 films durent des succès et sont des films de science-fiction reconnus. Rencontres Du Troisième Type est aussi empreint de la collaboration de Steven Spielberg avec François Truffaut, réalisateur qui a profondément marqué Spielberg. Le film est très maitrisé et a un univers très codifié, notamment au niveau de la musique. Le fameux code musical a été repris en hommage dans de nombreux autres films et même par des groupes de musiques qui l’ont souvent intégré à leur shows live. C’est aussi ici que Spielberg retrouve Richard Dreyfuss, deux ans après Les Dents De La Mer.

Les Aventuriers De L’Arche Perdue de Steven Spielberg (1981)

Après les sorties de Star Wars et Rencontres Du Troisième Type, Lucas et Spielberg ont passé du temps sur une plage de Hawai où Lucas a fait part d’une idée à Spielberg: faire un film d’aventure avec un vrai aventurier. Le film est inspiré de L’Homme De Rio de Philippe de Broca qui est lui-même, ironie du sort, inspiré de Tintin (que Spielberg adaptera 30 ans plus tard). Harrison Ford incarne un héros qui fera rêver bien des personnes, des femmes particulièrement, bien entendu. Impossible de mentionner ce film sans parler de John Williams qui livrera ici une de ses bandes originales les plus connues.

E.T L’Extraterrestre (1982)

Spielberg retrouve une fois de plus l’univers de la science-fiction, genre qu’il affectionne particulièrement. Il réalise ici une histoire d’enfants : une aventure humaine incroyable qui vaudra à Spielberg une ovation à Cannes lors de la présentation du film. C’est, comme je le disais, un film d’enfants mais surtout pour les enfants. Un film qui a marqué son époque et a influencé d’autres réalisateurs comme J.J. Abrams qui réalisera bien des années plus tard Super 8. On découvre dans ce film la petite Drew Barrymore, filleule de Spielberg. Une fois de plus, John Williams marquera les esprits en livrant une partition sublime, avec un thème principal que tout le monde connaît.

Jurassic Park (1993)

Une fois de plus, si ce film a tant marqué, c’est en grande partie grâce à John Williams qui a l’art de faire des musiques qui restent longtemps en tête. Evidemment, si ce film a eu un énorme succès, c’est parce qu’il a proposé la rencontre entre des humains et des dinosaures. Une aventure que beaucoup auraient voulu vivre. Une véritable évasion où le spectateur est littéralement dépaysé. Si certains doutaient encore que Spielberg savait faire des films populaires, leurs doutes se sont rapidement effacés. 

La Liste De Schindler (1993)

La Liste De Schindler est considéré par beaucoup comme le meilleur film de Spielberg. Il raconte ici l’histoire d’un membre du parti nazi qui a sauvé plus de 1000 juifs des camps de concentration. Une histoire peu connue avant le film mais qui est désormais célèbre. L’histoire est adaptée d’un livre écrit par un des survivants d’Oskar Schindler et il a fallu du temps avant que le scénario ne satisfasse Spielberg. Pour interpréter Schindler, Spielberg fait appelle à Liam Neeson qui trouve ici probablement son meilleur rôle. Face à lui, Ralph Fiennes qui ressemblait tellement à Amon Göth qu’une des survivantes en a tremblé de peur lorsqu’elle l’a rencontré. C’est un film poignant. Une réussite critique et publique. Le film se trouve à la 8ème position dans le Top 100 de l’American Film Institute. Bref, un film absolument remarquable à plusieurs niveaux que tout cinéphile se doit de voir au moins une fois dans sa vie. A noter de nouveau la très belle partition de John Williams et au fabuleux violoniste Itzhak Perlman.

Amistad (1997)

Spielberg aime l’histoire, c’est un secret de polichinelle.  Que ce soit sous forme de comédie (1941) ou drame (La Liste De Schindler), il a adapté la guerre 40-45 sous diverses manières. Mais il est aussi intéressé par l’histoire des Etats-Unis et Amistad est une étape importante dans sa carrière puisqu’il touche au sujet de l’esclavagisme, sujet auquel il reviendra partiellement plus tard avec Lincoln. Un casting de choix (Matthew Mc Conaughey, Djimon Hounsou, Morgan Freeman, Anthony Hopkins, Pete Postlethwhaite, Stellan Skarsgard), une mise en scène excellente, un sujet poignant, tous les ingrédients sont réunis pour faire un bon film, ce qui est le cas bien entendu. Impossible de ne pas être touché par cette histoire d’africains qui vont livrer une bataille pas gagnée d’avance.

A.I. Intelligence Artificielle (2001)

 Ce film marque le retour de Spielberg  dans le monde de la science-fiction, genre dans lequel il n’avait plus évolué depuis 1983 et sa section de La Quatrième Dimension. Après presque 20 ans, on sentait qu’il était temps que Spielberg refasse un film du genre, genre qu’il affectionne beaucoup. A.I. devait à la base être réalisé par Stanley Kubrick qui est malheureusement décédé. Spielberg montre ici un monde réaliste avec des touches futuristes. C’est une des grandes forces du film qui jouit d’un univers fort avec un casting excellent. On y voit Haley Joel Hosment, qui devait devenir Harry Potter plus tard si Spielberg avait réalisé le premier épisode de la franchise, Jude Law et William Hurt.

Le Terminal (2004)

Spielberg s’essaie ici aux comédies-dramatiques (ou aux drames comiques, c’est selon) et le résultat est plutôt probant. Il y retrouve Tom Hanks qu’il a déjà dirigé dans Il Faut Sauver Le Soldat Ryan et dirige pour la première fois Catherine Zeta-Jones.  Hanks incarne un homme dont le pays explose, n’a plus de passeport valable et se voit donc obligé de devoir rester en zone de transit à JFK tandis que Zeta-Jones joue une hôtesse de l’air avec qui le personnage de Tom Hanks va nouer des liens. C’est une histoire complètement improbable, inspirée de faits réels, que Spielberg nous raconte ici. Le casting est vraiment excellent et le panel de personnages qui entourent Viktor Navroski est vraiment un apport non négligeable. Le décor est totalement hallucinant. Spielberg a monté celui-ci dans un ancien hangar à avion et c’est donc là qu’il a reconstitué un terminal entier. Pour quelqu’un qui n’a pas l’habitude de se frotter à ce genre, on peut dire que l’exercice est réussi.

Les Aventures De Tintin : La Secret De La Licorne (2011)

 A la sortie d’Indiana Jones, des critiques français comparaient le nouveau héros de Spielberg à Tintin. Mais qui était ce fameux Tintin dont tout le monde lui parlait ? Spielberg s’est renseigné, a lu les bandes-dessinées d’Hergé et a pris contact avec lui afin de pouvoir en faire une adaptation au cinéma. Seulement, quelques jours avant leur rencontre, Hergé décéda. Spielberg acquit quand même les droits d’adaptations et le projet resta dans les cartons. Près de 30 ans plus tard, la technologie permit de faire une adaptation qui ne trahirait pas Hergé. Et Spielberg s’en est fabuleusement sorti en utilisant la motion capture. Il a un casting de choix dont l’expert en motion capture Andy Serkis (Gollum, King Kong) qui incarne le capitaine Haddock. Spielberg réussit donc ce vieux pari, cette vieille envie qui le rongeait depuis longtemps. Le film a été tourné en 3D et est le premier film que Spielberg filme numériquement et monte avec Avid. Le tout est réussi et l’adaptation est très fidèle à ce qu’Hergé a créé. Un bel hommage donc. La suite, réalisée par Peter Jackson est attendue pour bientôt, quand ce dernier en aura fini avec The Hobbit. Vous pouvez retrouver la critique de Christopher (dont je ne partage pas l’avis concernant ce film) ici.

Lincoln (2013)

Lincoln, c’est un peu l’arlésienne de Spielberg. Dès 1999, il achète les droits du livre écrit par Doris Kearns Goodwin et veut l’adapter. Seulement, il es pris par d’autres tournages  dont Tintin et Cheval De Guerre qu’il a tournés au moment où il était prévu d’entamer Lincoln. Au départ, Liam Neeson devait interpréter le président mais c’est finalement Daniel Day-Lewis qui s’y collera, avec un oscar du meilleur acteur à la clé. Le film est un brillant exemple de ce qu’un film historique doit être, alliant dialogues truculents, mise en scène inspirée et rythme excellent. C’est un film que beaucoup attendaient pour diverses raisons mais l’une de celles-ci était de voir ce que donnait l’interprétation de Lincoln. Les caméras n’existant pas à cette époque là, il était curieux de voir comment Daniel Day-Lewis avait donné vie à ce personnage historique qui a, entre autre, abolit l’esclavage aux USA. Vous pouvez retrouver la critique complète de Lincoln ici.

 

Pour récapituler, on peut constater que la carrière de Spielberg est plus que variée. Il a touché à beaucoup de styles différents, allant du drame à la comédie en passant par la science-fiction et le film d’animation. Parfois avec brio, parfois sans mais de l’avis général, même un mauvais film de Spielberg reste un bon film ou un film correct du moins. C’est en tout cas quelqu’un qui a participé à l’évolution de l’industrie du cinéma, de manière positive la plupart du temps bien que certains pourraient lui reprocher d’avoir réalisé ce qu’on considère comme le premier blockbuster de l’histoire du cinéma: Les Dents De La Mer. C’est quelqu’un qui fait de l’entertainment mais pas seulement. Il touche parfois à des sujets graves et, en général, ce sont des succès, critiques et publiques (La Liste De Schindler).

Voici sa filmographie complète (hors courts-métrages, films inachevés et films d’étudiants):

1974: The Sugarland Express

1975: Les Dents De La Mer

1977: Rencontres Du Troisième Type

1980: 1941

1981: Les Aventuriers De L’Arche Perdue

1982: E.T. L’Extraterrestre

1983: La Quatrième Dimension (seconde partie)

1984: Indiana Jones et Le Temple Maudit

1986: La Couleur Pourpre

1987: L’Empire Du Soleil

1989: Indiana Jones Et La Dernière Croisade

1989: Always

1991: Hook Ou La Revanche Du Capitaine Crochet

1993: Jurassic Park

1993: La Liste De Schindler

1997: Le Monde Perdu

1997: Amistad

1998: Il Faut Sauver Le Soldat Ryan

2001: A.I. Intelligence Artificielle

2002: Minority Report

2002: Arrête Moi Si Tu Peux

2004: Le Terminal

2005: La Guerre Des Mondes

2006: Munich

2008: Indiana Jones Et Le Royaume Du Crâne De Cristal

2011: Les Aventures De Tintin: Le secret De La Licorne

2012: Cheval De Guerre

2013: Lincoln

2015 : Le Pont des espions

2016 : Le Bon Gros Géant

2017 : Pentagon Papers

2018: Ready Player One