Critiques de films

Rétro 2011 – Les 20 meilleurs films de l’année

L’année 2011 fut bien riche à l’image de la superbe programmation du Festival de Cannes, qui récompensa de façon ultra-prévisible le sensoriel film de Terrence Malick, The Tree of Life. On a aussi remarqué une belle année pour le cinéma français, en dehors des succès de Rien à Déclarer et surtout Intouchables. Alors qu’en est-il du top de Cinephilia ? Attention aux surprises !

 

1

Intouchables / Eric Toledano – Olivier Nakache / France / Novembre

 

Non, inutile de penser que la première place d’Intouchables est faite pour satisfaire les 15 millions de spectateurs en France, et autre adorateurs de cette très chouette comédie. Vu deux mois avant sa sortie, Intouchables a déclenché de bons fous rires et provoqué une sortie de salles avec la grande banane, tout en ayant touché par son sujet. Et pour une comédie française, c’est tellement rare qu’il est bon de la signaler. Le duo de réalisateurs avait d’ailleurs montré ses talents humoristiques dans Nos jours heureux et Tellement proches. C’est juste mérité !

 

Intouchables
Intouchables

 

2

Le Discours d’un Roi / Tom Hooper / Grande-Bretagne / Janvier

 

Le grand vainqueur des Oscars est sans surprise dans ce top. Pour la simple et bonne raison que son réalisateur a signé un très beau film d’Histoire, calquée sur celle d’un roi bégue, classique et sobre dans sa réalisation, grandiloquent et puissant dans sa direction et ses thématiques abordées. A noter l’une des plus belles scènes de l’année, lorsque Colin Firth prononce le fameux « Speaking Unto Nations » sur la septième symphonie de Beethoven. Grandiose.

 

Le discours d'un roi
Le discours d'un roi

 

3

La Guerre est déclarée / Valérie Donzelli / France / Août

 

Le Festival de Cannes s’ouvre déjà sur un coup de cœur. Outre l’ouverture de Minuit à Paris, le France est à l’honneur avec Valérie Donzelli. Le grand public découvre la poésie et la fraîcheur du duo Donzelli / Elkaïm. Pour La Guerre est déclarée, Valérie Donzelli raconte l’histoire d’amour d’un couple et de leur enfant malade. Une ode à la vie, émouvante et piquante. Ce film décroche au passage l’award de la plus belle fin vue au cinéma en 2011.

 

La Guerre est déclarée
La Guerre est déclarée

 

4

The Artist / Michel Hazanavicius / France / Octobre

 

Il faisait partie de ma toplist des films attendus, avec toute la pression que cela comporte. La superbe œuvre de Michel Hazanavicius tient la barre haute, s’impose comme un hommage au cinéma hollywoodien d’une perfection sans faille, beau, esthétique, et porté par un duo d’acteurs (Jean Dujardin et Bérénice Béjo) au sommet.

 

The Artist
The Artist

 

5

Black Swan / Darren Aronofsky / Etats-Unis / Février

 

La danse au cinéma cette aura eu la côté. D’un côté, un réalisateur qui sublime la danse par la 3D (Pina, Wim Wenders), d’un autre, un cinéaste talentueux qui raconte Le Lac des Cygnes au cœur d’un BO somptueuse, d’une esthétique rare, et portant Natalie Portman à l’Oscar de la meilleure actrice. On en ressort retourné.

 

Black Swan
Black Swan

 

6

Happy Feet 2 / George Miller / Australie / Février

 

Autant 2011 aura été une belle année cinéma, autant l’animation aura souffert et n’avait guère rien à montrer. Un seul film ressort du lot haut la main, à savoir Happy Feet 2. Une suite, chose rare dans un top. Mais surtout une suite réussie, qui offre une allégorie de la condition humaine, aux travers des pingouins très remuants. C’est brillant, beau, amusant, et bien évidemment dansant.

 

7

Shame / Steve McQueen (II) / Grande-Bretagne / Décembre

Après avoir bluffé la critique en 2008 avec Hunger, Steve McQueen confirme tout le bien que l’on dit de son cinéma. Dans Shame, il sublime un homme et son addiction sexuelle, et torture un Michael Fassbender plus nu que jamais.

 

8

Polisse / Maïwenn Le Besco / France / Octobre

Présenté à Cannes et repartant avec un Prix du Jury, le Polisse de Maïwenn interpelle par son sujet (le quotidien de la BPM) singulier, et offre une montagne russe des émotions.

 

9

I Saw The Devil / Kim Jee-woon / Corée du Sud / Juillet

Certains iront citer The Murderer, mais c’est à Gérardmer qu’il fallait être pour découvrir l’ovni qu’est J’ai rencontré le diable, thriller haletant et d’une violence qui vous accroche, le tout dans une mise en scène de toute beauté.

 

10

Tomboy / Céline Sciamma / France / Avril

Il s’agit déjà du cinquième film français dans le top 10, chose rare pour être précisé. Et comme Valérie Donzelli, il s’agit d’un deuxième film. Céline Sciamma a fait de l’enfance un sujet à exploiter, avec ici une fille qui se fait passer pour garçon, ou comment jouer avec les identités.

 

11

L’Etrangère / Feo Aladag / Allemagne / Avril

Une Séparation triomphe à l’image du cinéma iranien, mais c’est en Allemagne qu’on trouve l’œuvre la plus aboutie, un brûlot sur la place de la femme musulmane dans la société, bouleversant et réaliste.

 

12

Minuit à Paris / Woody Allen / Etats-Unis / Mai

Avec un film chaque année, Woody Allen est toujours un potentiel candidat à un top 20. D’autant qu’avec Minuit à Paris, il frappe fort et filme la capitale comme un carte postale amoureuse, le tout avec un casting 5 étoiles, où même Owen Wilson apparaît sous un jour parfait. C’est dire !

 

13

The Fighter / David O. Russell / Etats-Unis / Mars

Il y aurait pu avoir un combo avec le Warrior de Gavin O. Connor, mais c’est finalement le puissant Fighter (avec un excellent duo Christian Bale – Mark Wahlberg) qui tient sa place ici, marchant sur les traces du mythique Raging Bull.

 

14

Drive / Nicolas Winding Refn / Etats-Unis / Octobre

Contrairement à pas mal de moutons n’ayant pas vu grand-chose dans l’année, Drive n’apparaît pas le top 5. Le film est très bon, mais Nicolas Winding Refn avait déjà la panoplie de ses talents dans Pusher, Bronson ou Valhalla Rising.

 

15

Somewhere / Sofia Coppola / Etats-Unis / Janvier

Il faut assumer ses choix et affirmer aussi que Sofia Coppola continue d’alimenter sa déjà belle filmographie avec une chronique adolescente au beau milieu du Château Marmont. Elle Fanning brille !

 

16

Super 8 / J.J. Abrams / Etats-Unis / Août

On poursuite cette belle flopée de films américains avec l’hommage de J.J. Abrams au cinéma de science-fiction mêlé à un fantasme et des passages autobiographiques. Et tiens, v’là encore Elle Fanning.

 

17

Waste Land / Lucy Walker / Grande-Bretagne – Brésil / Mars

Injustement oublié lors des Oscars, le très beau documentaire de Lucy Walker manie écologie et enjeux sociaux avec l’esthétique d’un art étonnant.

 

18

Les Géants / Bouli Lanners / Belgique / Novembre  

La Belgique a fait la Une pour ses problèmes politiques, mais on a pas oublié la bonne forme de son cinéma. Le grand public est une nouvelle fois touché par les frères Dardenne (Le gamin au vélo), et moi par cette douce chronique contée par un trio de jeunes et fougueux adolescents dans une Belgique verdoyante.

 

19

Les Neiges du Kilimandjaro / Robert Guédiguian / France / Novembre

Jean-Pierre Darroussin a été ultra-présent cette année (De bon matin, La fille du puisatier, Le Havre) il était donc inévitable de le retrouver un dans top. Il incarne un chômeur syndicaliste qui voit sa vie et ses idéaux basculer. C’est touchant et le film délivre quelques belles vérités avec une sincérité prenante

 

20

Le Chat du Rabbin / Joann Sfar, Antoine Delesvaux / France – Autriche / Juin

Un nouveau film d’animation clôture ce top 20 : une belle ode à la fraternité et une belle dose d’humour sur les religions, cela ne fait jamais de mal.

 

 

Ont donc été oublié (à juste titre) des films majeurs comme Melancholia ou The Tree of Life. Ont échoué au pied du top des œuvres comme Poulet aux prunes, 50/50, Moi Michel G, La petite chambre, Hugo Cabret, Detective Dee et Twilight (non, je déconne, on est pas aux Inrocks ici).

 

Je vous invite donc cordialement à donner vos petits tops ou à échanger sur celui-ci