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Rock en Seine 2012 : Happy Birthday !

Rock en Seine fête sa 10ème édition et repousse un peu plus loin son record de fréquentation. Un pied de nez à la planète festivalière.

 

Rock en Seine
Rock en Seine 2012

10 ans. 110 000 festivaliers sur trois jours et un record battu alors que le festival n’avait pourtant pas fait le plein. Oui, Rock en Seine a encore beaucoup de choses à apprendre, mais il y a un constat sans équivoque : il est l’un des tout meilleurs festivals de France et de Navarre, régulier, cohérent, esthète, charmeur. Les vrais finissent par développer une forme de fidélité à ce festival qui avait fait le pari un peu fou de se caler fin août, le même week-end que le monstre anglais du Reading & Leeds Festival. Il y a dix ans, c’était 22 000 festivaliers. Aujourd’hui, 5 fois plus.

 

Rock en Seine 2012
Rock en Seine 2012

Ça doit sûrement bien faire chier le hater de base qui persiste à cracher sur une des rares satisfactions culturelles – ou plutôt musicales – de l’hexagone. Ce même hater qui ignore les réalités d’un marché ou ne connaît pas les moyens des autres mastodontes européens, du Rock Werchter à Sziget en passant par le T in the Park ou Benicassim et j’en oublie.

 

Rock en Seine 2012
Rock en Seine 2012

 

 

Rock en Seine 2012
Rock en Seine 2012

 

Car oui, Rock en Seine est ce petit festival bobo. Du moins, dans les lignes. Ce même festival qui te balance un règlement intérieur ultra strict que lui-même n’arrive pas à respecter. Il laisse passer bouteilles en plastique, fumigènes, appareils photo qui dépassent aisément le taille d’un jetable. Et en même temps, il serait gonflé d’interdire tout cela tant les cailloux du stand central représente un danger bien plus important qu’une pauvre bouteille en plastique, savamment utilisée par ceux qui rejettent, à juste titre, les tarifs exorbitants pratiqués par les stands. Mais passons, ça, la mode (vous savez, Rock en Seine, c’est un défilé) et les chiottes, c’est un tout autre problème. On va parler musique.

 

Rock en Seine 2012
Rock en Seine 2012

Pour sa 10ème édition, force est de reconnaître qu’on est loin d’avoir en main une programmation ultra bandante. On fait avec ce qu’on a, pourrait-on dire. Il faut dire que le marché est plutôt morne et crise oblige, les cachets se sont envolés. Peu de groupes tournent en cette année 2012. Sans surprise, Rock en Seine désigne en têtes d’affiche les Black Keys et Placebo, des formations qui ont écumé les festivals au mois d’août. Difficile de faire aussi bien que Pukkelpop ou Reading. Alors Rock en Seine s’offre la petite rareté de l’été : Green Day. Le groupe, qui prépare la sortie des trois prochains albums, sera la véritable tête d’affiche de cette édition. Eh oui public, reconnais bien là un petit argument : Green Day est enfin la première tête d’affiche qui sait remplir des stades partout dans le monde ! En 10 ans d’existence, Rock en Seine aura vu passer Muse, Radiohead, Arctic Monkeys, Foo Fighters… Seuls R.E.M, voir éventuellement Rage Against The Machine auraient pu espérer remplir des stades de grande capacité. Mais non, jamais Rock en Seine n’avait la posture ni le chéquier suffisamment gros pour les attirer. Contrairement par exemple au Rock Werchter capable d’en aligner 5 ou 6 en une seule édition.

 

Rock en Seine 2012
Rock en Seine 2012

 

Cela dit, ce n’est pas cette programmation moyenne qui est responsable de l’ambiance qui règne. Car si on s’ennuie ferme à Rock en Seine – ça arrive, parfois – c’est surtout à cause d’un public tout aussi ennuyeux. Le terme de spectateur, le public de Rock en Seine doit le connaître par cœur. Et à l’exception de quelques fans venus là pour s’éclater, danser, chanter etc… le reste est Spectateur. Résultat, des groupes comme Billy Talent, habitué à headliner en Allemagne, jouent pour les 200 zozos qui s’agitent aux barrières. Et ils ont bien raison. Le public de Rock en Seine, dont l’exigence est au moins égal à sa capacité à mettre de l’ambiance, pousse le vice très loin : jusqu’à l’insulte même et s’en prendre injustement au pseudo manager des Airnadette, condamné à meubler entre les prestations des Avant-Seine invités pour le programme All Stars (10 groupes, 10 tubes de la décennie). Je peux t’assurer, lecteur, que ce type inclus dans le spectacle des Airnadette (vu à Solidays) est hilarant, tout comme la troupe qu’il prétend diriger.

 

Rock en Seine 2012
Rock en Seine 2012

 

Rock en Seine 2012
Rock en Seine 2012

 

Rock en Seine 2012
Rock en Seine 2012

Ce même public arrivera-t-il à reconnaître les bonnes prestations de cette 10ème édition, de la pop acidulée de Passion Pit à l’énergie dégagée par Dionysos (qui symbolise la belle forme des français dans cette édition à l’instar des Stuck in the Sound ou d’Agoria). Et que dire des retours attendus de Bloc Party et de la tête pensante d’Oasis, Noel Gallagher ? Que dire de la prestation endiablée des Black Keys devant une fosse comble – en même temps, ce ne sont pas les Black Seeds qui allaient voler la vedette – conquise par les riffs percutants du duo ?

 

Rock en Seine 2012
Rock en Seine 2012

 

On retiendra également la démonstration de Green Day en tête d’affiche (oui, tu lis bien haters, j’ai dis démonstration). Le groupe punk rock américain a balayé vingt ans de carrière et une flopée de tubes incontournables. Le public a répondu présent, des fans qui n’attendaient que ce retour galvanisant aux têtes qui goûtaient à la première fois à l’effet GD en live. N’en déplaise aux puristes, je ne suis pas l’adolescent boutonneux qui se touche sur Basket Case et croit vivre le plus beau moment de sa vie lorsque la foule entonne seule Boulevard of Broken Dreams. D’ailleurs, le public que j’ai vu était loin de ce poncif sur lequel surfe les « chroniqueurs » en mal d’argument pour qualifier la prestation de Green Day. Ils la trouve répétitive, parce qu’un Billy Joe Armstrong des grands soirs meublent son set à coups de « hey oh ». Par le passé, j’ai critiqué la prestation du groupe lors de son passage dans un Parc des Princes qui sonnait creux. Mais de l’eau a coulé sous les ponts et le temps, surtout, a passé. François Missonnier a eu la bonne idée de programmer le groupe pour son grand retour européen. Si bien que la formation punk rock était dans une forme étincelante et partage avec le public son bonheur d’être sur scène. Une énergie et une fougue qui devraient interpeller la prestation presque trop nonchalante des Foster the People, malgré, là aussi, une bonne pelletée de tubes. Qu’importe, Green Day a fait le boulot, et cela sans effets pyrotechniques (en écho à un type qui me disait que Green Day ne jouait que de cela). Ils étaient la clôture parfaite, festifs, volontaires, expérimentés et surtout taillés pour le monumental.

Rock en Seine 2012
Rock en Seine 2012

 

Rock en Seine 2012
Rock en Seine 2012

 

2013 s’annonce bien mieux. On sait que des groupes tels que Muse, Depeche Mode, The Killers, MGMT, Prodigy, Editors, Two Door Cinema Club, Kasabian, Iron Maiden et j’en passe tourneront. Daft Punk devrait, selon toute vraisemblance, y sortir un album. Alors, le rêve est permis et l’histoire continue.

 

Qu’est-ce que représente Rock en Seine pour vous ? Que retenez-vous de cette 10 édition ?

 

 

© Crédits photos Laura