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Séance de rattrapage : Take This Waltz (2012)

Privé d’une sortie en salles, le touchant Take This Waltz sort dans un format vidéo deux ans après avoir écumé ses premiers festivals.

 

Affiche du film Take This Waltz
Affiche du film Take This Waltz

 

 

Quand Margot, 28 ans, rencontre Daniel, l’alchimie est immédiate. Épouse heureuse de Lou, elle réprime cette attirance aussi soudaine qu’inattendue. Lorsqu’elle découvre que Daniel habite depuis peu dans sa rue, Margot voit ses certitudes vaciller.

 

 

 

Les mystères de la distribution ont fait que le pourtant très solide et satisfaisant Take This Waltz n’aurait pas le droit à une sortie en salles. Une injustice face à la poignée d’œuvres quasi insignifiantes sortant en salles chaque semaine. Mais qu’il en soit ainsi, l’attente fût longue mais le spectateur peut enfin profiter du second long-métrage de Sarah Polley, auteure du déjà poignant Pour Elle il y a déjà six ans. Et si ce n’est pas devant un grand écran, ce sera tranquillement installé sur son canapé. Le film n’en restera pas moins efficace.

 

Extrait du film Take This Waltz (2012)
Extrait du film Take This Waltz (2012)

Qu’on le veuille ou non, la petite pépite du festival de Toronto 2011 sera l’un des coups de cœur vidéo de l’année 2013. Take This Waltz, c’est une comédie romantique dans ses codes les plus centraux. Derrière l’académisme formel de ses fondations narratives, le film de Sarah Polley propose une immersion de plus en plus prenante dans les méandres sentimentaux d’une jeune femme que campe de manière maligne la belle Michelle Williams (Blue Valentine, My Week With Marilyn). Passionnant autant sur sa forme que sur son fond, Take This Waltz va au-delà de l’exercice de style aux airs de déjà-vu. Dans un faux-rythme et quelques longueurs inévitables, on se laisse porter par la douceur des décors, l’intelligence de certains cadres et la montée en puissance d’une mise en scène qui s’affirme alors que les minutes s’égrènent. A elle d’aller jusqu’à nous proposer une fabuleuse scène tournoyante autour d’un décor qui changera au fil des jours passant pendant que les deux tourtereaux empilent leurs ébats sexuels. La scène, à la fois drôle et touchante, incarne pleinement cette valse des sentiments et des corps que le personnage principal, comme le spectateur d’ailleurs, ne contrôle pas.

 

Extrait du film Take This Waltz (2012)
Extrait du film Take This Waltz (2012)

 

Chef d’orchestre derrière sa caméra, Sarah Polley s’appuie à distiller de nombreuses vérités au fil de sa narration. Lorsque l’on passe outre la beauté des décors, les couleurs chatoyantes d’une banlieue canadienne qui nous donneraient envie de sauter dans le premier avion direction Montréal, Take This Waltz révèle une poésie certaine. Une valse des mots, après celle des plans. Un jeu de réparties, et des dialogues qui jamais, malgré la naïveté ambiante que l’on finit par ne plus prendre comme un défaut, ne versent dans une facilité. Tout est parfaitement bien écrit, mais on ne le comprend qu’un peu trop tard. En lâchant prise dans une première demi-heure moyenne (qui veut croire en l’osmose qu’il peut y avoir dans le couple formé par Seth Rogen et Michelle Williams, qui ?), il pèse donc cette crainte de tomber face à une rom-com tout ce qu’il y a de plus prétentieuse. Un jugement bien erroné dont il faudra se priver, tant Take This Waltz finit par provoquer l’adhésion de son spectateur à une tendre histoire aussi universelle que réaliste. Jamais tire-larmes, toujours juste et enivrant à l’image de son titre, superbe chanson de Leonard Cohen, il serait bien difficile de résister. Alors, vous l’acceptez cette valse ?

 

 

Take This Waltz est disponible en DVD, Blu-ray et VOD dès le 15 mai. Cinephilia vous propose d’ailleurs d’en gagner quelques exemplaires !