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Test DVD : Un oeil invisible

Avec une histoire confinée dans un célèbre lycée argentin, Diego Lerman raconte la silencieuse quête de liberté d’une jeune surveillante.

 

Affiche du film Un oeil invisible de Diego Lerman
Affiche du film Un oeil invisible de Diego Lerman

 

Buenos Aires, mars 1982. Dans les rues de la capitale argentine, la dictature militaire est contestée. María Teresa est surveillante au Lycée National de Buenos Aires, l’école qui forme les futures classes dirigeantes du pays. Elle a 23 ans et veut bien faire. M. Biasutto, le surveillant en chef, décèle tout de suite en elle l’employée zélée qu’il attendait et lui apprend à être l’œil qui voit tout, mais qui échappe aux regards des autres : l’œil invisible.
María Teresa se lance alors dans une surveillance acharnée de ce petit monde clos, imaginant, décelant, traquant…

 

Né un certain 24 mars 1976, jour du coup d’Etat militaire, Diego Lerman a gardé un héritage de la dictature qui a frappé le pays de 1976 à 1983. D’autant que sa famille a fortement été touchée par la violence de cette dictature, entre exécution, exil et disparition. Pour Un œil invisible, il prend la dictature comme prétexte contextuel, sans en montrer la réalité. Le film restera les trois quarts du temps dans ce lycée élitiste où sont formés les futurs dirigeants du pays. Il semble regrettable que le film n’insiste pas plus sur l’opposition entre le lycée (où règne l’ordre) et dehors (où gronde la révolte). Jamais brutal, mais néanmoins militaire, Un œil invisible joue sur les silences, les cadres et l’intimité de cette jeune femme, Maria Teresa. Son regard va devenir le nôtre, elle va enquêter, inspecter, surveiller et apprendre à connaître sous l’étiquette de ce pour quoi elle est employée. Sans réel rythme, ni dialogues pertinents, le film de Diego Lerman n’arrive pas à surprendre. De Maria Teresa dont on suit le quotidien, on apprend qu’elle n’a jamais eu aucune expérience amoureuse, alors qu’elle s’éprend d’un lycéen, tout en secret. Julieta Zylberberg interprète un personnage attachant, qui subit l’endoctrinement du lycée où elle travaille pour toucher à la perversion. Le film supprime tous ses complexes lors d’une scène finale où la jeune femme touchée dans son intimité profonde devient une sorte d’allégorie du peuple libre qui refuse l’oppression de la classe dirigeante. Dans ces cinq minutes se combinent un propos intéressants, une utilisation des techniques rigoureuses (avec des plans plus fluides) et des prestations d’acteurs. Le film gagne alors en qualité et répond à sa problématique. Un peu tardivement peut-être.

 

L’avis : Peu de rythme et pas de réelle trame, Un œil invisible se contente de suivre le quotidien répétitif d’une surveillante d’un grand lycée national argentin, en quête d’identité, et qui bascule dans la déviance de l’endoctrinement. Une sorte de métaphore très soft de ce qui se passe en dehors mais que le spectateur ne verra jamais.

 

Extrait du film Un Oeil Invisible (2010)
Extrait du film Un Oeil Invisible (2010)

 

Informations sur le DVD

 

Contenu du DVD

 

–          Le film (95 minutes)

–          Making-of du film (30 minutes)

–          Bandes-annonces

 

Spécificités techniques

 

DVD 9 – Zone 2 – PAL – Format Film 1.85 (16/9 compatible 4/3) – Couleur – VOSTFR – Son stéréo et Dolby 5.1

 

DVD disponible dès le 18 octobre au prix de 19.99 €